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Un projet artistique de A à Z

Aujourd’hui, j’ai envie de te raconter une belle histoire. Si tu me suis depuis le début, tu auras compris que je suis artiste avant même d’être photographe. C’est pour cette raison que ma chaîne diffère un peu des autres copains youtubeurs qui font de l’argentique. Et c’est pour cette raison que j’avais envie de te partager l’aventure d’un projet artistique de sa naissance à l’exposition. 

Ici, tout a commencé par un mail d’appel à projets. Les 10 ans des itinerrances des poissons rouges. Mais qui donc est-ce ? L’association « Les Itinerrances » a été créée en décembre 2010 pour l’organisation de l’événement « Les itinerrances des poissons rouges ». Elle a pour but de promouvoir l’accès à l’art contemporain et plus globalement aux arts vivants sur Valence et ses alentours, par l’aide à la création et la diffusion d’artistes et par l’accès gratuit aux lieux d’expositions en présence de médiateurs culturels. 

Le fonctionnement même de l’association et l’hétérogénéité de ses membres permettent une liberté de ton et de choix susceptibles de toucher un large public, tout en mettant l’accent sur la qualité des œuvres présentées. « Les Itinerrances des poissons rouges » ne sont pas seulement une exposition d’art contemporain mais un véritable rendez-vous de cultures contemporaines.

J’avais déjà exposé chez eux 2 fois pour leur festival. Et cette année, j’ai voulu candidater pour leur dix ans avec Blandine Rivière (ma super binôme photo que tu as déjà vu dans certaines vidéos !). Je l’ai contacté et elle m’a dit oui tout de suite. C’est donc ici que tout commence…

Les 10 ans du festival

Pour les 10 ans du festival, Les Itinerrances ont demandé de travailler autour du thème « 10 ». Blandine et moi tenions à partager notre regard sur les déchets en ville. Au moment de notre réflexion et de nos productions en labo, il y avait une grève des éboueurs dans Lyon et les déchets s’amoncelaient dans les rues. C’est donc tout naturellement que l’idée de photogrammes   à partir de résidus de poubelle nous est venue.

On s’est donc retrouvé avec Blandine pour une journée de travail en labo. Tout en produisant, on poursuivait notre réflexion en échangeant nos différentes idées. Et puis on a continué les jours suivants par de nombreux coups de fil et d’échanges de mails. Une fois notre dossier finalisé, Winna Drow était née…Ce personnage fictif peut passer des journées entières à expérimenter de nouvelles techniques autour de sujets percutants tels que l’environnement ou le travail avec l’autre, ceux qui nous entourent. 

Notre projet

« Pour ce projet, Winna a réalisé des photogrammes de détritus abandonnés sur le sol urbain.
La ville de Lyon faisant actuellement face à une grève des éboueurs, les poubelles ne cessent de s’amonceler dans les rues. Cet événement permet aux habitants de réaliser à quel point on amoncelle des déchets. Ces choses sont le plus souvent invisibles à nos yeux, car très vite ramassées, et envoyées en dehors des villes. Mais toutes ces choses que l’on jette, où vont-elles ? Où atterrissent-elles ? Elles finissent bien quelque part sur notre planète ? 

Winna Drow souhaite alors nous questionner sur l’impact de ces objets qui, pour la plupart, ont une durée de vie éphémère. Un mégot de cigarette, c’est une clope qui aura vécu seulement quelques minutes. Un morceau part en fumée et l’autre finit le plus souvent par terre. 

Sensible à la contemporanéité du monde qui bouge, se salit, s’abandonne et se déshumanise, Winna Drow souhaite s’imaginer dans la peau de ceux qui nettoient la ville ou de scientifiques qui effectuent des échantillons d’un espace pour l’analyser…À son tour, elle occupe l’espace de la rue afin d’en réaliser un compte-rendu poétique en images. » 

L’aventure !

Comme le festival est à Valence et qu’on vit toutes les deux à Lyon, il a fallu partir à l’aventure ! C’est là que Blandine a fait entrer dans l’histoire, Marie-Hélène Le Ny, une amie photographe pour ajouter un regard et une aide à notre installation. Alors on est partie toutes les 3 avec tout notre matériel pour installer. Arrivées là-bas, on a été super bien accueilli par l’équipe des poissons rouges. Ils ont été adorables en proposant café, croissants et pains choc’ 🙂 

Quand j’arrive dans un lieu où je vais exposer, et d’autant plus pour une expo collective, j’ai besoin d’un peu de temps pour m’imprégner des lieux, observer les oeuvres des autres. C’est un petit moment important et indispensable avant de songer au comment du pourquoi du comment on va s’installer. Alors je circule un peu dans le lieu pour le découvrir 🙂 Une fois ce petit cérémonial accompli, on s’est posé face à notre mur dédié et on a posé nos images au sol afin de réfléchir à leur agencement.

Les photogrammes

Une fois la composition terminée, on s’est attelé à préparer nos supports pour le mur. La difficulté était qu’on ne pouvait pas percer le mur donc il a fallu trouver une alternative. Quand tu montes une expo, il y a toujours des imprévus ou des petites choses qu’il faut réadapter à la dernière minute. Ce n’est pas grave et on s’y fait au fil du temps 🙂 Pour cette expo, on a expérimenté de mettre deux tiges de bois collés à même la photo, puis on a ajouter du velcro avec du mastic colle dans l’espoir que les images tiennent sur le mur. Comme ça pas de trous et on pourra normalement récupérer nos photos sans qu’elles s’abîment.

Une fois nos photogrammes passés en positif, scannés et retouchés, il a fallu trouver un imprimeur pour préparer au mieux les visuels ! C’est là que j’ai rencontré Arnaud, qui travaille chez APO (Ateliers Photogravures Offset) à Lyon. Ce n’est pas du tout un imprimeur photo hein : cette boîte est beaucoup plus axée sur la com’ et le graphisme. Mais n’empêche que pour notre projet, les supports proposés et les tarifs étaient pas mal du tout ! Comme nous avions scanné et retouché nos images, le format numérique ne posait pas de problème. Il faut vivre avec son temps et tirer bon parti de la technologie non ? 🙂

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